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Tom Rinaudo, parcours d’un pianiste aux mille et une facettes

Ne jamais cesser d’apprendre  

Dès l’âge de 5 ans, Tom Rinaudo était déjà en train de pianoter. L’idée de commencer le piano est venue de lui. Pas de contexte familial particulier (ses parents sont agriculteurs), mais une envie précoce et prononcée de faire de la musique. Il fera ses premiers pas avec un professeur particulier avant d’intégrer, à l’âge de 12 ans, le Conservatoire de sa ville natale. À l’adolescence, Tom sera bercé par le jazz, les musiques afro-américaines et commencera très vite à se produire sur scène sous différents groupes et collectifs. Son baccalauréat en poche, il intègre le CIAM (École de musique et centre de formation professionnelle) à Bordeaux et finit en parallèle son parcours au Conservatoire en section jazz. Loin de se contenter de cela, il enchaîne avec des études au Conservatoire de Rome pour finalement atterrir au prestigieux Berklee College of Music à l’âge de 24 ans.

« Ce que je retiens de mon passage au Berklee College of Music, c’est la qualité des intervenants comme Bobby McFerrin ou Esperanza Spalding. Ce sont des musiciens que l’on rêve tous de voir en concert. »

Au fur et à mesure que notre échange se poursuit, je me rends compte que le fil conducteur du parcours de Tom est l’apprentissage. Malgré tous ces voyages et années cumulées d’expériences, il reste très attaché à l’idée de découvrir de nouvelles choses. De lui, se dégage beaucoup d’humilité et d’ouverture d’esprit. Je ne suis pas étonnée donc d’apprendre que depuis son retour en France, il a enchaîné avec une formation classique, d’orchestration et de composition, et dernièrement de direction d’orchestre.    

Pianiste tentaculaire 

Visuellement, je dirais que Tom Rinaudo est un musicien tentaculaire. Il a des tas d’influences et il trouve toujours quelque chose d’intéressant dans chaque style. Comme beaucoup de ses compères, il n’aime pas se mettre dans des cases et n’est pas hyper convaincu par les pseudos élites des musiques classiques, rock ou jazz. Au contraire, il manifeste un grand intérêt pour les musiques traditionnelles (orientales, bulgares) et se considère tout autant pianiste interprète que compositeur.

« J’adore composer, faire des arrangements et me produire sur scène. Après la direction d’orchestre,  j’aimerais beaucoup m’orienter vers la composition de musique à l’image. »

Ses conseils pour les jeunes musiciens en développement

D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Tom Rinaudo a toujours bossé comme un dingue. La discipline a toujours été de mise pour lui. Mais attention ! « Il ne faut jamais oublier que la pratique musicale reste de l’amusement » me déclare-t-il avec beaucoup de recul. Il insiste néanmoins sur le fait que cela ne veut pas non plus dire que l’on ne peut pas travailler plusieurs heures par jour sur des gammes ou des trucs pénibles. Ces moments sont parfois nécessaires pour progresser techniquement.

« Il faut toujours savoir s’amuser avec son instrument. Le risque, c’est de s’oublier et de se piéger dans des périodes de découragement ou de burn-out. Il ne faut pas perdre de vue le plaisir de faire de la musique. Cela doit rester le moteur principal. »

Ce que me raconte Tom est évident sur le papier, et je suis convaincue que vous avez tous déjà entendu maintes fois le sempiternel, « c’est le plaisir avant tout, etc ». J’enchaîne donc avec une question plus concrète et personnelle.

Qu’est qui te donne de l’élan et l’envie de progresser après toutes ces années de pratique ?

Sans hésiter, Tom me répond, « faire de nouvelles choses ». Comme en témoigne son parcours jusqu’ici, Tom n’est pas le genre de musicien qui se spécialise dans un domaine pour le développer au maximum. C’est la diversité qui l’enrichit, et surtout l’envie constante de sortir de sa zone de confort qui le pousse à progresser au quotidien.

Regardez Tom interpréter sa transcription de la 1ère Gymnopédie d’Erik Satie, partition disponible ici.

L’erreur la plus commune qu’il constate chez les pianistes débutants

 Avant la crise sanitaire de la Covid-19, Tom Rinaudo articulait sa vie entre concerts et cours particuliers de piano. Aujourd’hui, il se rend compte que la pédagogie lui apporte presque autant que le fait de se produire sur scène. 

« J’apprends énormément en donnant des cours et en mettant en œuvre des outils pour faire comprendre quelque chose. Ça me permet moi-même de mieux comprendre certaines notions. »

Tom a enseigné aux grands comme aux petits, et pour tous les niveaux, du débutant au professionnel. Il m’avoue avoir une préférence pour les élèves qui se sont lancés en autodidactes. Il me raconte qu’ils ont ce quelque chose de très rafraîchissant.

« Les autodidactes prennent souvent de mauvaises habitudes, mais celles-ci sont faciles à gommer. Le point positif, c’est qu’ils n’ont pas les barrières de ceux qui débutent avec une formation académique. Ce sont ces mêmes barrières qui font parfois perdre en musicalité et en amusement. »

À mes yeux, Tom possède une approche horizontale de la pédagogie, ce que je trouve formidable. Il donne autant à ses élèves qu’il ne reçoit d’eux.   

Ça vous dit d’apprendre le piano auprès de Tom ? Cela tombe bien puisqu’il est derrière nos cours de piano sur Jellynote. Admirez cette bande-annonce, cours garantis sans frustration  🎹

Pourquoi le solfège fait fuir tant de pianistes débutants ?

Contrairement à ce que l’on peut penser, Tom a eu un rapport assez difficile avec le solfège au début. Par chance, me dit-il, il a eu une professeure qui a su faire converger pratique et théorie.

« Le solfège, ce n’est rien de plus qu’un alphabet. Apprendre le solfège sans passer par la pratique n’a pas de sens. C’est comme si on t’apprenait l’alphabet sans t’apprendre à parler. »

Pour Tom Rinaudo, le solfège est là pour servir la musique, il n’est pas indispensable (on peut jouer du piano sans base théorique) mais reste tout de même très utile. Voilà ce qu’il vous dirait pour vous convaincre des bénéfices du solfège :

Tom vous donne 3 bonnes raisons de consacrer du temps à l’apprentissage du solfège.

Son rôle au sein de Jellynote

Tom Rinaudo est le « monsieur contrôle qualité » de Jellynote. C’est lui qui veille à ce que chacune de nos partitions soit lisible, musicale et permette de donner du plaisir aux gens.

« Je ne donne pas mon avis sur la qualité musicale des arrangements reçus, mais je m’assure qu’ils soient correctement écrits. Que la partition ait du sens et qu’elle réponde à certains critères universels de l’écriture musicale. Je pense toujours que quelqu’un va acheter la partition que j’ai devant les yeux. »

Quel que soit le niveau de jeu de la partition ou son genre musical, Tom se demande si celui qui la joue va pouvoir y trouver son compte. Si elle donne envie de jouer le morceau ou arrive à lui apporter du plaisir, c’est que c’est gagné. C’est un peu notre superman et on est hyper fiers de le compter parmi nous.

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À propos de l'auteur
Amy est à la fois music nerd et DIY artist. Funambule du son, c’est avec ses guitares et ses pédales d’effets qu’elle comble tous ses élans créatifs. Elle mène un projet musical avec son frère à la recherche de contrées musicales encore inexplorées - mêlant shoegaze, dream pop et electronica. Ses guitar heroes : King Krule, Robin Guthrie (Cocteau Twins), Kevin Shields (mbv), Alex Scally (Beach House), Mitski, Adrianne Lenker (Big Thief) et Thurston Moore (Sonic Youth).
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